Condamnation (nom féminin, subst. féminin)


Définition de l'Académie française (éd. 1986)

Nom féminin 

(m ne se prononce pas)
XIII e siècle, condemnation. Emprunté du latin classique condemnatio, « sentence, peine », et, au figuré, « blâme ». Action de condamner ; résultat de cette action.
1. . Décision de justice qui oblige un plaideur à réparation ou qui inflige une peine à un prévenu. Condamnation à des dommages et intérêts. Condamnations aux dépens. Encourir une . Condamnation pour vol, pour meurtre. Condamnation à la prison, à mort. Condamnation à une peine afflictive, infamante. Condamnation par défaut, par contumace. Condamnation avec sursis. L'avocat général a requis une sévère. La cour d'appel a aggravé la . Une loi d'amnistie a pour effet d'annuler certaines s. Loc. vieillie. Passer , accepter d'avance que la partie adverse obtienne un jugement à son avantage et, fig., avouer qu'on a tort. Par méton. Amende ; peine à laquelle le coupable est condamné. Payer, acquitter le montant des s. Subir, purger sa .
2. Fig. Le fait de blâmer quelque chose ; réprobation. La des abus. La des opinions adverses. Par ext. Le fait de démontrer, de mettre en évidence le caractère condamnable de quelque chose. Cet échec est la du système actuel.
3. Spécialt. Action d'interdire l'usage d'une issue. La d'une porte, d'une fenêtre.


Signification de l'Académie française (éd. 1932-35)

Nom féminin 

Action de condamner ; jugement qui condamne, ou par lequel on est condamné. "Il y a eu contre lui. Prononcer . Condamnation à une peine infamante. Condamnation par défaut."
"Passer ," Consentir que la partie adverse obtienne jugement à son avantage. Il signifie figurément Avouer qu'on a tort. "Je passe ."
"Accepter, subir ," Subir, sans interjeter appel, la peine à laquelle on a été condamné.
Il s'emploie au figuré pour signifier que Quelqu'un ou quelque chose est digne de blâme. "La des abus. La conduite de ce ministre est la de celle qu'ont tenue ses prédécesseurs."
Il se dit quelquefois des Choses mêmes auxquelles on est condamné, comme une somme d'argent, des dommages et intérêts. "Faire, subir sa ." Spécialement, au pluriel. "Payer le montant des s. Acquitter le montant des s."



Dictionnaire d'Emile Littré

Subst. féminin 



 1   Action de condamner ; jugement qui condamne. Il y a eu contre lui. Condamnation à l'amende, aux travaux forcés. Condamnation contradictoire.
    La chose à laquelle on est condamné. Condamnation solidaire.
    La peine infligée. Subir sa .
    Au plur. Les s, amende, dommages-intérêts, réparations, frais, etc. résultant du jugement. Acquitter les s.
    Passer , consentir que la partie adverse obtienne jugement à son avantage.
    Subir , acquiescer à un jugement dont on pourrait interjeter appel.
    Fig. Passer , reconnaître qu'on a eu tort.
BOSSUET: « Il a peur qu'on ne croie qu'il ait passé sur les livres de Mme Guyon »
BOSSUET: « Ce ministre passe pour Luther et pour Mélanchthon »
BOSSUET: « Passez donc sur le fait »
BOSSUET: « Il est prêt à passer pour prévenir l'arrêt du juge »
    Dans le même sens, prendre .
MONTESQ.: « Il fait sentir la supériorité qu'il a ; je la lui passe tout entière, et je prends »

 2   Blâme. Notre amour-propre souffre plus patiemment la de nos goûts que de nos opinions.

 3   Ce qui fait improuver, blâmer. La conduite de ce ministre est la de celle qu'ont tenue ses prédécesseurs.
BOSSUET: « Ils auraient porté avec eux leur »
MASS.: « Il a mangé et bu sa [en communiant] »

HISTORIQUE
    XVIème siècle
CALVIN: « Il faut que moi et eux passions sitost que Dieu a parlé »
CALVIN: « Nous avons esté rachetez de de mort »

ÉTYMOLOGIE
    Provenç. condemnacion, conaempnation ; espagn. condenacion ; ital. condennazione ; du latin condemnationem, de condemnare, condamner.

SUPPLÉMENT AU DICTIONNAIRE
    CONDAMNATION. Ajoutez : - REM. Malherbe a écrit condemnation :
MALH.: « La condemnation de la malice universelle du monde »

HISTORIQUE
    XVIème siècle Ajoutez :
     Évang. selon saint Jean, V, 24, Nouv. Testam. éd. Lefebre d'Étaples, Paris, 1525: En verité, en verité, je vous dis que qui oit ma parolle et croit à celluy qui m'a envoyé, il a vie eternelle et ne vient point en condemnation
     I Tim. III, 6: Il [l'evesque] ne soit point novice, affin que par elevation d'orgueil ne cheie en la condemnation du diable


1ère signification éditée en 1835 par l'Académie Française

Subst. féminin 


Jugement par lequel on condamne, ou par lequel on est condamné. "Il y a eu contre lui. Prononcer . Il n'attend que sa . Condamnation à une peine infamante. Condamnation par défaut. Condamnation par corps."
"Passer ," Consentir que la partie adverse obtienne jugement à son avantage. "Subir ," Acquiescer à un jugement dont on pourrait appeler.
"Subir sa ," en Matière criminelle, Subir la peine à laquelle on a été condamné.
Fig., "Passer ," Avouer qu'on a tort. "Je passe ."



2ème signification éditée en 1835 par l'Académie Française



s'emploie quelquefois au figuré. "La conduite de ce ministre est la de celle qu'ont tenue ses prédécesseurs."



Ancienne définition de 1798 (Académie Française)

Subst. féminin 


Jugement par lequel on condamne, ou l'on est condamné. "Il y a eu contre lui. Prononcer . Il n'attend que sa ".
"Passer ," C'est consentir que la partie adverse obtienne jugement à son avantage. "Subir , " C'est acquiescer à un jugement dont on pourroit appeler.
On dit figurément, "Passer , " pour dire, Convenir qu'on a tort.



Signification éditée en 1762 (dictionnaire de l'Académie Française)

Subst. féminin 


Jugement par lequel on condamne, ou l'on est condamné. "Il y a eu contre lui. Prononcer . Il n'attend que sa ."
"Passer ," C'est consentir que la partie adverse obtienne jugement à son avantage. "Subir ," C'est acquiescer à un jugement dont on pourroit appeler.
On dit figurément, "Passer ," pour dire, Convenir qu'on a tort.



Signification éditée en 1694 (selon l'Académie Française)

Subst. féminin 


Jugement par lequel on est condamné. "Il y a eu contre luy. Passer condamnation," C'est consentir que la partie adverse obtienne jugement à son avantage. "Subir ," c'est Acquiescer à un jugement dont on pourroit appeller.
On dit figur. "Passer ," pour dire, Demeurer d'accord qu'on a tort.




Emplacement dans le dictionnaire :

concupiscent
concuré
concurremment
concurrence
concurrencer
concurrent
concurrentiel
concussion
condamnable

condamné
condamner
condensant
condensateur
condensation
condensé
condenser
condenseur
condescendance
condescendant
condescendre




Quelques citations relatives :

Citation n°1 de Louis HÉMON (Maria Chapdelaine)

...vives et tendres, aussi émouvante, vers les régions lointaines du nord où nul oeil humain ne se posait sur elle. Mais voici que du nord vint bientôt un grand vent froid qui ressemblait à une condamnation définitive, à la fin cruelle d'un sursis, et présentement les pauvres feuilles jaunes, brunes et rouges, secouées trop durement, jonchèrent le sol ; la neige les recouvrit et le sol blanchi ne...


Citation n°2 de Paul ADAM (L'Enfant d'Austerlitz)

...en cachette un mauvais livre qui lui avait tout appris du mystère de l'incarnation. Faute ridicule et irréparable. Il avait violé sa promesse ; il était digne du châtiment le plus grave : la condamnation à une vie obscure de matelot, toujours en danger. - mon dieu, je suis un vil pêcheur ! Murmura-t-il. Et vous ne me devez pas votre grâce... vous me frappez justement, mon dieu ! ... - dites-moi,...


Citation n°3 de Ernest RENAN (L'Avenir de la science)

...vient faire dans ce monde de finesse et de ténuité infinie ce vulgaire bon sens avec ses lourdes allures, sa grosse voix et son rire satisfait ? je n'y comprends rien est sa dernière et souveraine condamnation, et combien il est facile à la prononcer ! Le ton suffisant qu'il se permet vis-à-vis des résultats de la science et de la réflexion est une des plus sensibles agaceries que rencontre le penseur....


Citation n°4 de Anatole FRANCE (L'Orme du mail)

...aux aliments. -c'est égal, reprit l'aumônier, la guerre est une horrible chose. Et cet innocent ami des soldats parlait ainsi dans la sincérité de son coeur. Mais le général n'acceptait pas cette condamnation de la guerre. -permettez, mon cher abbé ! La guerre est une nécessité cruelle sans doute, mais qui fournit aux officiers et aux soldats l'occasion de déployer des qualités supérieures. Sans la...


Citation n°5 de Joris-Karl HUYSMANS (À rebours)

...et, en tout cas, aptes à la douleur, ils pussent prévoir l'avenir, attendre et redouter cette mort dont ils ignoraient naguère jusqu'au nom, quelques-uns même, l'appeler, en haine de cette condamnation à l'existence qu'il leur infligeait en vertu d'un code théologique absurde ! Et depuis que ce vieillard était décédé, ses idées avaient prévalu ; on recueillait des enfants abandonnés au lieu de les...


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